Distributeurs, snacks, boissons sucrées : ce que la loi de 2004 a changé dans les collèges et lycées

Avant 2005, un collège sur deux avait son distributeur dans le hall. Barres chocolatées, sodas, biscuits : la machine tournait à chaque récréation, et personne ne trouvait cela anormal. Elle rapportait même un peu d'argent au foyer socio-éducatif, ce qui explique pourquoi beaucoup d'établissements y tenaient.
La loi de santé publique du 9 août 2004 a mis fin à cette présence. Son article 30 interdit les distributeurs automatiques de boissons et de produits alimentaires payants accessibles aux élèves dans les écoles, collèges et lycées. L'interdiction est entrée en vigueur à la rentrée de septembre 2005.
Ce que l'enquête aquitaine a mesuré
En Aquitaine, une étude a suivi l'offre alimentaire hors restauration scolaire dans un échantillon de collèges et de lycées, une première fois en 2004 et une seconde en 2005, juste après l'application de la loi. Les résultats ont été publiés dans les Cahiers de nutrition et de diététique en 2008 par une équipe de l'institut de santé publique de Bordeaux.
Le constat principal est simple : les distributeurs ont bien disparu des établissements, sans résistance notable. Là où subsistait une offre, par exemple une cafétéria de lycée ou une vente ponctuelle organisée par une association d'élèves, sa composition avait évolué vers des produits moins sucrés. L'eau était devenue plus accessible, ce qui n'allait pas de soi auparavant.
Le document original de cette enquête a longtemps été diffusé sur le site du programme régional aquitain. Il n'est plus en ligne aujourd'hui. L'article scientifique reste consultable dans les Cahiers de nutrition et de diététique, volume 43, numéro 3, pages 147 à 151.
Ce que la loi n'a pas pu empêcher
Les enquêtes menées depuis, à l'échelle nationale, montrent une limite claire. L'interdiction porte sur l'enceinte scolaire. Elle ne dit rien de la boulangerie d'en face, de la supérette au coin de la rue, ni du sac à dos. Chez les collégiens, le grignotage du matin n'a pas disparu, il a simplement changé de lieu d'achat.
Cela ne rend pas la mesure inutile. Retirer la machine du hall supprime l'achat impulsif, celui qu'on fait parce que l'objet est là, entre deux cours, sans y avoir pensé. Mais cela déplace la question vers ce que l'adolescent emporte de chez lui, et donc vers les habitudes familiales.
À quoi cela sert de le savoir, en tant que parent
Trois choses, concrètement.
La première, c'est que votre enfant n'a rien à acheter à l'intérieur de son établissement. S'il vous réclame de l'argent pour le petit creux de 10 heures, la dépense se fera dehors, avec une offre bien plus sucrée que ce que vous mettriez dans son sac.
La deuxième, c'est que l'eau est accessible gratuitement dans tous les établissements. Une gourde remplie le matin coûte moins cher qu'une bouteille de soda et règle la question de la boisson pour la journée.
La troisième, c'est que le vrai levier est le petit déjeuner. Un adolescent qui part sans rien avoir mangé cherchera de quoi tenir jusqu'à midi, et ce qu'il trouvera sur le trajet sera rarement un fruit. Les sujets sont liés, c'est pour cela que les programmes de prévention traitaient les deux ensemble.