Diversification alimentaire : le calendrier mois par mois

Les recommandations ont beaucoup changé en quinze ans, au point que ce qu'on conseillait à vos aînés est aujourd'hui déconseillé. Voici l'état actuel.
Pourquoi la fenêtre de quatre à six mois
Avant quatre mois, le système digestif et les reins ne sont pas prêts, et le risque allergique augmente. Après six mois, le lait seul ne couvre plus les besoins, notamment en fer, et la fenêtre pendant laquelle l'enfant accepte facilement de nouvelles saveurs commence à se refermer.
Cette fenêtre est la même pour les enfants allaités et pour ceux qui reçoivent une préparation infantile. L'allaitement peut se poursuivre en parallèle aussi longtemps que la mère le souhaite.
Mois par mois
4 à 5 mois. Un légume cuit et mixé, lisse, au déjeuner, quelques cuillères à côté du lait. On introduit un aliment à la fois, sur deux ou trois jours, pour repérer une éventuelle réaction. Carotte, courgette sans peau, haricot vert, potiron, épinard.
5 à 6 mois. Les fruits cuits et mixés arrivent, au goûter. Pomme, poire, banane écrasée, pêche. On ajoute une matière grasse dans le plat de légumes, une cuillère à café d'huile de colza ou une noisette de beurre, indispensable au développement du cerveau.
6 à 8 mois. Les protéines animales entrent au déjeuner, en très petite quantité, dix grammes par jour à six mois, vingt grammes à huit mois. Viande, poisson, œuf dur bien cuit. C'est aussi le moment d'introduire les aliments allergisants, y compris l'arachide sous forme adaptée et les fruits à coque en poudre. Les féculents complètent, pommes de terre, pâtes fines, semoule.
8 à 10 mois. Les textures changent, c'est l'étape clé. On passe du lisse au moulinée, puis à l'écrasé à la fourchette. Les morceaux fondants à saisir avec les doigts aident l'enfant à apprendre. Le repas du soir peut devenir une vraie purée.
10 à 12 mois. Quatre repas structurés, morceaux plus francs, laitages nature. Le lait reste à 500 ml minimum par jour.
Après 12 mois. L'enfant mange comme la famille, en plus petit et sans sel ajouté. Le lait de croissance prend le relais jusqu'à trois ans.
Ce qui a changé, et pourquoi
Pendant longtemps, on repoussait l'œuf, le poisson et l'arachide au-delà d'un an, voire trois ans chez les enfants à risque d'allergie. Les études des années 2010 ont montré que cette prudence produisait l'effet contraire : l'introduction précoce, entre quatre et six mois, réduit le risque de développer une allergie.
La règle actuelle est donc l'inverse de celle d'il y a quinze ans. Si vous avez un aîné, ce que vous avez appris avec lui n'est peut-être plus d'actualité.
Ce qu'on ne donne pas avant un an
Le miel, à cause du risque de botulisme infantile. Le lait de vache comme boisson principale, trop pauvre en fer. Le sel ajouté. Les boissons sucrées, y compris les jus. Les aliments durs et ronds qui peuvent obstruer les voies respiratoires, cacahuètes entières, raisins entiers, morceaux de pomme crue, bonbons.
Les laits végétaux, amande, riz, soja, ne conviennent pas comme substituts du lait infantile. Des carences graves ont été décrites chez des nourrissons nourris ainsi.
Le rythme reste celui de l'enfant
Ce calendrier est un repère, pas un programme à tenir au jour près. Un enfant qui refuse un légume n'en veut pas ce jour-là, et le représenter une semaine plus tard suffit souvent. Il faut parfois huit à dix présentations avant qu'un aliment soit accepté.
Les parents décident quoi, quand et où. L'enfant décide combien. Cette répartition, admise par les pédiatres, évite la plupart des conflits de table.