Lait de croissance ou lait de vache : que choisir après un an ?

La question revient à chaque premier anniversaire, souvent après avoir vu le prix des deux produits côte à côte.
Ce qui sépare réellement les deux laits
Le fer, en premier lieu. Un lait de croissance en contient environ dix fois plus qu'un lait de vache, sous une forme mieux absorbée. C'est la différence qui compte, parce que la tranche d'un à trois ans est celle où le déficit en fer est le plus fréquent.
Les acides gras essentiels ensuite. Les laits de croissance sont enrichis en acides gras que le lait de vache contient peu, et qui interviennent dans le développement du cerveau.
La vitamine D enfin, présente dans les laits infantiles, quasi absente du lait de vache. Cela ne remplace pas la supplémentation prescrite, mais cela contribue.
En sens inverse, le lait de vache entier contient plus de protéines, ce qui n'est pas un avantage à cet âge. Les apports protéiques des jeunes enfants français sont déjà largement supérieurs aux besoins, et un excès précoce est associé à un risque de surpoids plus tard.
Comment choisir, concrètement
Le lait de croissance se justifie si votre enfant mange peu ou pas de viande et de poisson, s'il traverse une phase de refus alimentaire, s'il est né prématuré, ou si le médecin a relevé un point de vigilance sur le fer.
Le lait de vache entier suffit si votre enfant mange chaque jour une portion de viande, de poisson ou d'œuf, si son alimentation est variée, et si son suivi médical ne signale rien de particulier. Entier, pas demi-écrémé, les matières grasses sont nécessaires jusqu'à trois ans.
Entre les deux, il existe une solution intermédiaire que beaucoup de familles pratiquent : le lait de croissance le matin, le lait de vache dans les préparations et les laitages du reste de la journée.
Le volume compte plus que la marque
C'est le point le plus souvent négligé. Au-delà de 500 ml par jour, le lait devient contre-productif, quel qu'il soit. Il remplit l'enfant, réduit son appétit pour les aliments riches en fer, et son calcium gêne l'absorption du fer présent dans le repas.
Les gros buveurs de lait, ceux qui montent à 700 ou 800 ml par jour, sont précisément ceux chez qui on retrouve le plus souvent une carence en fer. Le lait est alors devenu la cause du problème qu'il était censé prévenir.
Ce volume de 500 ml inclut tout : biberons, lait du petit déjeuner, laitages, fromage blanc, lait des préparations.
Et les laits végétaux ?
Ils ne conviennent pas comme lait principal avant trois ans. Amande, riz, avoine, châtaigne : les apports en protéines, en calcium et en lipides sont très éloignés des besoins d'un jeune enfant, et des carences sévères ont été décrites chez des nourrissons nourris ainsi.
Les boissons au soja enrichies constituent un cas particulier, à n'envisager que sur avis médical, dans le cadre d'un régime construit avec un professionnel.
Jusqu'à quand ?
Les sociétés savantes françaises recommandent le lait de croissance jusqu'à trois ans. Après, le lait de vache entier devient la norme, puis le demi-écrémé à partir de trois ans environ selon les recommandations.
Si votre enfant refuse le lait, ce n'est pas dramatique. Yaourts, fromage blanc et fromage apportent le calcium. Le fer, lui, se trouve alors dans la viande, le poisson, les œufs et les légumineuses, avec un fruit riche en vitamine C au même repas pour améliorer son absorption.